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Jean-Michel MARIOU : Ce besoin d’Espagne

     Jean-Michel Mariou est notablement connu dans le monde des lettres et dans celui des toros et a fortiori à l’intersection des deux. On lui doit de nombreux écrits (préfaces, contributions,…) mais c’est là son premier livre. « Ce besoin d’Espagne »*  est d’abord un besoin d’écrire. Un carnet de route, mais pas seulement.

     Car « Sur la route des toros » depuis le temps qu’il l’a dévore, J.M. Mariou en a rencontré des aventures; il rappelle que, en dehors des lieux étranges où l’on monte aux arènes « dans un décor à la Tati [et] où les escaliers mécaniques se croisent sous les coupoles de faux verre », il existe encore une Espagne profonde, aux tranches de « pan con tomate grandes comme des raquettes et des chuletones comme des guitares », aux chemins de fin de terre à la rencontre de ganaderos romantiques. Ceux-là ne sont pas qu’au fin fond du Campo Charro, il y en a aussi plus près de chez nous, dans les Landes et le Gers.

     Pamplona, Saragosse, Olivenza, entre autres cités, sont les étapes familières ; et puis surtout Séville ;  Séville qui change sans cesse et reste toujours la même : s’y retrouve-t-on ?Séville  où l’on pratique, comme souvent en Espagne, la vertu du temps : attendre et son corollaire faire la queue dans laquelle on retrouve les figures typiques croquées avec humour.

     Le hasard a fait que le livre est sorti en même temps que la réjouissante  réédition de Sévillanes de Jean Cau** : on est en bonne terre   …

     Le dernier tiers du livre s’intitule « Une rame sur l’épaule » comme Ulysse  à la fin de l’Odyssée, c’est ainsi que l’écrivain voit Christian Montcouquiol et pourtant il ne veut surtout pas « mythologiser » ces toreros, qu’à cette époque, heureusement dépassée, on désignait par le vocable à l’épithète revendicative de « toreros-français ». Ces trois toreros, Nimeño II, Chinito, Loré, l’auteur relie  leur destin selon le fil de la question du père : est-ce la clé de leur drame ?

     Il y a des pages superbes, émouvantes et profondes de retenue sur le torero ; alors, à ce stade, le clivage toriste/toreriste n’apparaît plus pertinent ; on aime le toro mais rien ne pourra nous émouvoir tant, que le drame de l’homme…

     Ce livre comme tous les ouvrages importants sur la tauromachie éveille, inspire,  insuffle l’intelligence et l’émotion.

   Comme on crut au Père Noël de Jean Cau, on aura désormais avec Jean-Michel Mariou la raison de ne pas renoncer : « Vieillir, c’est accepter l’idée qu’on ne pourra voir telle ou telle corrida qui s’annonce, parce que c’est trop loin, parce que c’est « impossible » d’y être. Jusqu’à cet âge canonique que fixent les circonstances pour chacun, rien n’est impossible. Encore moins trop loin. Vieillir, c’est devenir raisonnable et c’est la pire chose qui puisse advenir à un aficionado ».

     Prenez donc la route des toros… avec le « Mariou » !

 

                                                                                              Jacques Dalquier

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*Éd. Verdier, 2013, 202 p., 22 cm., 14,50€

** Éd. Atlantica, 2013,214 p.,21 cm., 17€



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