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La cuadrilla des Urgences

Le Dr Michel Thielley, chirurgien honoraire des Arènes de Bayonne et de St- Vincent-de-Tyrosse, membre de l‘Association Française de Chirurgie Taurine, est l’auteur de  « La cuadrilla des urgences », livre paru en 2009 et préfacé par Pierre Albaladejo.

Il a soigné, à l’époque héroïque où les infirmeries d’arènes n’étaient pas équipées en hommes et en matériel comme elles le sont aujourd’hui, une cinquantaine de blessés plus ou moins graves dont un seul, précise-t-il, avait un pronostic vital menacé.

« Dans ce spectacle à nul autre pareil qu’est la Corrida, controversé par certains, adulé par d’autres, plane toujours la possibilité d’un drame pouvant mettre en jeu, à tout instant, la vie des toreros : matadors, picadors, banderilleros.

La cuadrilla des urgences, cette équipe médico-chirurgicale si particulière, toujours sur le qui-vive qui mériterait d’être associée au paseo, sort de son anonymat pour se porter immédiatement au secours des victimes, même si le taureau présent en piste n’a pas été totalement neutralisé. »

C’est cette ambiance particulièrement stressante de l’infirmerie des arènes où plane la peur que l’auteur fait partager à ses lecteurs.

Il parsème, d’autre part, son récit d’anecdotes et de relations de quelques interventions particulières soit qu’elles aient présenté une terrible gravité, soit  que le blessé ait été une personnalité de tout premier plan.

Garbancito, par exemple, petit torero actif en 1979, a dû sa vie à la présence au spectacle, tout à fait par hasard, du Professeur d’anesthésiologie du Centre Hospitalier de Bordeaux qui, par miracle, avait avec lui sa trousse d’urgence. Il a pu l’intuber immédiatement et le sauver de l’asphyxie, ce malheureux torero ayant été embroché à la gorge.

Au chapitre des personnalités, le Dr Thielley narre sa rencontre avec Luis Miguel Dominguín. Celui-ci, au terme d’une de ses brillantes faenas habituelles, considéra que la tête de son adversaire n’était pas suffisamment basse pour permettre une bonne estocade. Il entreprit alors de corriger ce défaut lorsqu’un cri retentit des tribunes «Tue-le !» Surpris, Luis Miguel se retourne un court instant pour voir d’où pouvait provenir cette vocifération. Profitant alors de ce bref moment d’inattention, le taureau encorne le maestro et le projeta en l’air ensanglanté avec lourde chute consécutive.

A l’infirmerie, sa blessure fut jugé trop importante pour qu’il soit soigné sur place. Transporté à la clinique, son opération dura plus de deux heures, la corne l’ayant véritablement émasculé. Il a fallu beaucoup de patience pour nettoyer cette plaie béante, le scrotum ayant été transformé en une véritable poche qui, tel un chalut, avait ramassé tout ce qui traînait : poils, sable, gravier, débris vestimentaires etc.  La plaie fermée sur un drain, cicatrisa parfaitement.

A sa sortie, Dominguín fit cette confidence à Michel Thielley : «  Vous savez Docteur, c’est toujours la faute du torero quand il est blessé mais pas celle de l’animal, je n’aurai jamais dû quitter des yeux le taureau quand cet imbécile a hurlé »

Cet ouvrage offre aux non-initiés un aspect méconnu de la corrida. Il rappelle que pour respecter le sens profond qu’ils ont donné à leur vie, tous les participants au spectacle de l’arène,  les plus humbles comme les plus grands, acceptent de pouvoir la perdre à tout instant.
C’est arrivé, entre autres, à
Manuel Rodríguez Sánchez "Manolete", cet "immortel torero" mortellement blessé par un taureau de Miura sur le sable de Linares en 1947, qui définissait prophétiquement la corrida comme : « El juego trágico ».

 

Éditeur : J. Lacoste 

 

Date Parution : 14/08/2009 

 

Dimensions : 15 x 21 cm

 

142 pages - Poids : 250 g

 

Ce livre est disponible à « La boutique des passionnés » voir ici



La corrida est un patrimoine
culturel immatériel français
 

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